Extrait de la lettre

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Parlons maintenant de notre exposition. Je ne veux dire en sa faveur qu'une seule chose, c'est qu'elle est absolument sincère.

En dehors du panneau de Madame Bracquemond qui est un essai destiné à montrer un procédé de décoration nouveau en céramique, de décoration sans reflets c'est-à-dire sans déformation des objets par la lumière, en dehors de ce panneau nous n'avons pas fait une seule pièce pour l'exposition.

Nous avons choisi dans notre magasin les vases les mieux réussis qui s'y trouvaient le 1er Mai, et pour les porcelaines nous n'avons pas même choisi, nous avons mis des échantillons qui nous servaient à Auteuil pour prendre des commandes et dont quelques-uns sont passablement défraîchis.

Nous sommes revenus des grandes pièces et des tours de force en tous genres. Nous n'exposerons plus jamais à l'avenir que notre production telle qu'elle est. Du reste nous faisons tous les jours le mieux que nous pouvons dans la limite de ce qui est industriellement praticable. Nous croyons que notre exposition ne peut nous être profitable qu'à la condition qu'elle dise clairement au public : « Voici ce que nous faisons toujours et pour tout le monde. Voici sur notre tarif imprimé le prix de tout ce que nous fabriquons, et de tout ce que vous voyez à notre exposition. »

À quoi bon montrer des vases que personne ne peut acheter, des services qui ne peuvent pas servir ? Pourquoi exposer d'autres matières que celles qu'on emploie, – où une fabrication est une décoration autre que celle qu'on fait réellement ? Le public ne s'intéresse véritablement qu'à ce qu'il sent à sa portée, et le jury saura bien discerner le degré de sincérité de chaque exposition.

Pour ma part j'affirme que partout où on verra nos porcelaines et nos faïences, on les trouvera égales à celles que nous exposons.

Voilà, cher Monsieur et Ami, tout ce que j'ai à dire pour la défense de l'accusé.

Votre serviteur tout dévoué

Lettre Adrien Dubouché 5è partie