Les conditions de travail des ouvriers et leur situation sanitaire : documents

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Document 1 : l'espérance de vie des ouvriers porcelainiers.

Exemples de professions

Âge moyen de décès

Mouleurs

44 ans

Batteurs de pâte

44 ans

Useurs de grains

38,3 ans

Peintres (femmes)

25 ans

Enfourneurs

46 ans

Extrait du Rapport général sur les travaux des Conseils d'hygiène publique et de salubrité pendant les années 1898-1899, Limoges, 1900.

Document 2 : la situation sanitaire des ouvriers porcelainiers.

[*]« Au cours de visites faites aux diverses fabriques de porcelaine de Limoges dans le but de me rendre compte des conditions générales de cubage et d'aération des divers ateliers occupés par les ouvriers des deux sexes employés dans cette grande industrie en même temps que des moyens accessoires qui auraient pu y être utilisés pour renouveler l'air confiné, je fus forcément conduit à étudier les difficultés que font naître les opérations successives que comporte la série technique de la fabrication et qui compliquent singulièrement le problème. (..) J'ai tout d'abord été frappé que dans maintes opérations reconnues par tous les observateurs que j'ai cités comme les plus dangereuses il n'était intervenu aucune modification dans la main-d’œuvre en dehors de la manipulation où les sels toxiques entrent en ligne. Procédons par ordre : la première opération incriminée et qui comprend la série dite de défournage[*], déglobage[*], espaçage, se fait au milieu d'un nuage de poussières probablement semblable à celui qui se produit lors de la création de cette industrie. Les ouvriers des deux sexes employés à ces opérations en sont littéralement enduit des pieds à la tête ; la peau de la figure et des mains disparaît sous une couche blanchâtre due surtout à la poussière de kaolin que la cuisson a laissée sur les pièces primitivement exposées à l'air libre avant d'être enfermées dans des gazettes[*] et que seul l'époussetage[*] fera disparaître. Les poussières de cendres et les fuliginosités[*] charbonneuses sont du ressort absolu de la conduite du feu et du déglobage et se mélangent plus ou moins aux premières suivant les fonctions des ouvriers. Quoi qu'il en soit, ce petit monde circule, travaille au milieu d'un véritable nuage spécial et sauf quelques maigres précautions insignifiantes respire cette atmosphère toute particulière sans paraître éprouver le besoin d'aucun protecteur sérieux. [...]

« J'arrive maintenant au second point bien autrement intéressant puisqu'on a voulu en faire une sorte d'élément pathogénique[*] propre aux ouvriers porcelainiers, j'entends l'action des poussières inhérentes[*] aux opérations dites retouchage[*], usage de grains[*] et polissage[*]. Dans toutes les fabriques que j'ai visitées j'ai pu constater que dans les ateliers consacrés à ces opérations en dehors du petit nuage qui comme une sorte de limbe[*], entoure la meule d'usure au point de contact l'atmosphère était en outre légèrement troublée par des molécules infinitésimales[*] en suspension qui nécessairement devaient constituer un milieu des plus nuisibles au point de vue de l'absorption fatale de ces poussières par les voies pulmonaires et digestives.

« Nous arrivons maintenant à la production des poussières dures émanant des opérations dites de retouchage, polissage et usage de grains au cours desquelles l'émail à particules de quartz se joint aux poussières de grès et de pierre ponce. Ainsi que je l'ai dit, quand on pénètre dans l'un de ces ateliers on est tout d'abord frappé par l'aspect des poussières qui flottent dans l'atmosphère générale ; si l'on s'approche des tours[*] on constate un nuage plus ou moins opaque suivant la nature du polissage entourant l'instrument d'usure et se trouvant naturellement dans la sphère respiratoire de l'ouvrier [...]. Conclusions : il y a encore beaucoup à faire pour l'hygiène spéciale des ouvriers porcelainiers, employés à des travaux qui semblent plus particulièrement néfastes du fait seul de l'action mécanique des poussières ; il faut donc sans trêve par des études incessantes et sans découragement chercher tous les moyens pour en atténuer l'action et ne pas se retrancher derrière le mot habituel en pareille occasion : il n'y a rien à faire à cela. »

Extrait d'un rapport l'hygiène dans les ateliers de porcelaine à la fin du XIXe siècle : L' Hygiène des ateliers porcelainiers au point de vue des poussières et de l'aération. Docteur Ch. Delahousse, médecin principal. Limoges, 1898.

Document 3 : un atelier d'useurs de grain, dans l'usine de Théodore Haviland, en 1912.

Ateliers d'useurs de grainInformations[*]

Un useur de grain est un ouvrier qui fait disparaître les grains noirs qui peuvent apparaître pendant la cuisson sur la porcelaine (impuretés métalliques) à l'aide de meules.

Document 4 : hommes de four.

Hommes de fourInformations[*]

Intérieur d'un four de cuisson dans l'usine de Théodore Haviland en 1912.

Document 5 : en dehors de Limoges , extraction du kaolin dans une carrière près de Saint-Yrieix-La-Perche, à la fin du XIXe siècle.

Carrière de kaolin de Marsac, Coussac-Bonneval (Haute-Vienne)Informations[*]

Questionnaire

Les conditions de travail des ouvriers et leur situation sanitaire